Le magasin ALDI qui rouvre ses portes à Mouscron pour vendre des articles à prix très réduits, incluant textiles, vêtements et autres articles non-food, illustre une pratique commerciale de plus en plus fréquente des grandes enseignes qui cherchent à écouler leurs stocks excédentaires jusqu’à épuisement.
Cette réouverture n’est pas un cas isolé : ces magasins outlet temporaires sont utilisés régulièrement par la chaîne pour liquider des invendus plutôt que de les détruire immédiatement. Vous nous direz que c’est une bonne nouvelle…
Et bien de notre point de vue, NON…
Et notamment parce que cela a un effet catastrophique pour toute la chaîne de valeur textile.
- Ce n’est pas seulement SHEIN ou Temu l’origine du problème… Des enseignes européennes comme ALDI, dont le siège est en Allemagne, participent massivement à un modèle de surproduction et de déstockage accéléré, calqué sur le modèle des deux géants chinois, souvent au détriment de la durabilité des produits.
- La vente en outlet permet certes d’éviter pour l’instant les contraintes réglementaires croissantes, notamment en matière de destruction d’invendus, mais elle ne ralentit en rien les volumes mis sur le marché.
- Il existe un risque réel que ces excédents soient captés par des acteurs plus petits, moins visibles et non soumis aux mêmes obligations, rendant possible le contournement de l’interdiction de destruction, après l’étape « Outlet »…
Ce constat et ces pratiques doivent nous éclairer :
La crise textile n’est pas seulement une question de plateformes ultra-fast fashion étrangères. Elle est structurée par des pratiques commerciales de surproduction, de renouvellement rapide des collections et de liquidation systématique des stocks, bien ancrées dans les pratiques de nombreuses enseignes européennes, jusqu’à retrouver le reliquat de ceux-ci sur Vinted.
Sans une réduction volontaire et réglementée des volumes textile mis sur le marché, les initiatives de réemploi, de recyclage et même l’interdiction de la destruction d’invendus resteront insuffisantes face à la crise que nous traversons.
Il est essentiel de freiner dès aujourd’hui les volumes de textiles produits, importés et mis sur le marché européen.
Cet objectif devrait être une priorité politique et collective, au-delà des réponses palliatives, si l’on veut transformer durablement la filière textile : Produisons mieux, produisons moins.